Ouvrir une entreprise de nettoyage nécessite de choisir un statut juridique adapté à votre projet (seul, en équipe, avec ou sans capital, etc.). Voici les options les plus courantes, leurs avantages et inconvénients.
1. Entreprise Individuelle (EI) ou Micro-entreprise (ex-auto-entrepreneur)
Pour qui ? Débutants, activité seule, faible chiffre d’affaires (CA), simplicité administrative.
✅ Avantages :
- Création gratuite et rapide (déclaration en ligne sur guichet-entreprises.fr).
- Comptabilité simplifiée (régime micro-fiscal : déclaration du CA réel).
- Pas de capital social requis.
- Cotisations sociales calculées sur le CA (taux ~22% pour les services).
- Impôt sur le revenu (IR) avec option pour le versement libératoire (1% du CA).
❌ Inconvénients :
- Responsabilité illimitée : vos biens personnels peuvent être engagés en cas de dettes.
- Plafond de CA :
- 77 700 €/an pour les prestations de services (nettoyage inclus).
- Dépassement = bascule en régime réel (comptabilité plus complexe).
- Pas de déduction des charges (sauf en régime réel).
💡 Idéal pour : Tester son activité, travailler seul avec un petit budget.
2. Entreprise Individuelle à Responsabilité Limitée (EIRL)
Pour qui ? Entrepreneur seul souhaitant protéger son patrimoine personnel.
✅ Avantages :
- Responsabilité limitée aux biens affectés à l’activité (sauf en cas de faute grave).
- Choix du régime fiscal (IR ou IS sous conditions).
- Pas de capital social obligatoire.
❌ Inconvénients :
- Formalités plus lourdes qu’en micro-entreprise (déclaration d’affectation du patrimoine).
- Comptabilité obligatoire (même en régime micro si CA > 77 700 €).
💡 Idéal pour : Protéger son patrimoine sans créer une société.
3. Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle (SASU)
Pour qui ? Projet ambitieux, volonté de limiter sa responsabilité, possibilité d’embaucher ou de lever des fonds.
✅ Avantages :
- Responsabilité limitée aux apports (protection des biens personnels).
- Flexibilité : choix du régime social (dirigeant assimilé salarié = couverture sociale complète).
- Crédibilité auprès des clients (banques, grandes entreprises).
- Possibilité d’opter pour l’IS (impôt sur les sociétés) et de se verser des dividendes.
❌ Inconvénients :
- Cout de création (~200–500 € avec un juriste).
- Comptabilité obligatoire (expert-comptable recommandé).
- Cotisations sociales élevées (~45–50% du salaire du dirigeant).
💡 Idéal pour : Développer une entreprise avec des salariés ou des associés plus tard.
4. Société à Responsabilité Limitée (EURL)
Pour qui ? Entrepreneur seul souhaitant une structure sociétaire simple.
✅ Avantages :
- Responsabilité limitée aux apports.
- Régime fiscal flexible (IR par défaut, option pour l’IS).
- Cotisations sociales moins élevées qu’en SASU si le dirigeant est gérant majoritaire (régime des travailleurs non-salariés, TNS).
❌ Inconvénients :
- Comptabilité obligatoire.
- Moins flexible que la SASU pour les levées de fonds.
💡 Idéal pour : Une activité stable avec un associé possible plus tard (transformation en SARL).
5. Société par Actions Simplifiée (SAS) ou Société à Responsabilité Limitée (SARL)
Pour qui ? Projet à plusieurs associés.
✅ SAS :
- Flexibilité dans l’organisation (rôle des associés définissable librement).
- Dirigeant assimilé salarié (meilleure protection sociale).
✅ SARL :
- Gérant majoritaire = régime TNS (cotisations sociales ~45%).
- Structure plus rigide mais rassurante pour les petits associés.
❌ Inconvénients communs :
- Coût et complexité (rédaction de statuts, publication au JO).
- Comptabilité obligatoire.
💡 Idéal pour : S’associer avec des partenaires ou investisseurs.
Tableau comparatif rapide
| Statut | Responsabilité | Capital | Comptabilité | Cotisations sociales | Plafond CA (micro) |
|---|---|---|---|---|---|
| Micro-entreprise | Illimitée | Non | Simplifiée | ~22% du CA | 77 700 € |
| EIRL | Limitée* | Non | Obligatoire | ~45% (IR) | 77 700 € |
| SASU | Limitée | Oui (1€) | Obligatoire | ~45–50% (salarié) | Aucun |
| EURL | Limitée | Oui (1€) | Obligatoire | ~45% (TNS) | Aucun |
*Limitée aux biens affectés à l’activité.
Quel statut choisir selon votre profil ?
| Votre situation | Statut recommandé |
|---|---|
| Débutant, test d’activité seul | Micro-entreprise |
| Activité seule avec patrimoine à protéger | EIRL ou EURL (IR) |
| Projet ambitieux, embauche prévue | SASU |
| Association avec des partenaires | SAS ou SARL |
| Besoin de crédibilité (marchés publics) | SASU/SARL |
Étapes clés pour créer votre entreprise
- Valider votre projet : Étude de marché, business plan.
- Choisir votre statut (voir ci-dessus).
- Immatriculer l’entreprise :
- Micro-entreprise : Déclaration en ligne.
- SASU/EURL : Rédaction des statuts + dépôt au CFE (Chambre des Métiers pour l’artisanat).
- Souscrire une assurance :
- Responsabilité civile professionnelle (obligatoire).
- Assurance décennale si nettoyage de locaux post-construction.
- Ouvrir un compte bancaire pro (obligatoire pour les sociétés).
- Déclarer votre activité à l’URSSAF (micro) ou au service des impôts.
Pièges à éviter
- Sous-estimer les charges : Prévoir les cotisations sociales, assurances, matériel.
- Négliger les obligations légales :
- Déclaration de début d’activité (sous 8 jours pour la micro).
- Tenue d’une comptabilité (même simplifiée).
- Respect des normes (produits de nettoyage, sécurité des salariés).
- Choisir un statut trop complexe pour un petit projet (ex : SASU si CA faible).
Ressources utiles
- Guichet Entreprises (création en ligne).
- URSSAF Auto-entrepreneur.
- Chambre des Métiers (pour les artisans).
- Expert-comptable : Recommandé pour SASU/EURL (compte ~1 000–2 000 €/an).
En résumé
- Micro-entreprise : Simplicité, mais responsabilité illimitée.
- EIRL/EURL : Protection du patrimoine, comptabilité obligatoire.
- SASU : Flexibilité et crédibilité, mais coûts plus élevés.
💡 Conseil : Si vous hésitez, commencez en micro-entreprise pour tester, puis basculez en SASU/EURL si l’activité décolle.
Besoin d’aide pour rédiger vos statuts ou choisir un expert-comptable ? Consultez un conseiller en création d’entreprise (gratuit dans les CCI ou CMA).
